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philippepoppe
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Equitation- Elevage de chevaux de sport Institutions
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Date de création :
25.07.2007
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COLLOQUE EUROPEEN SUR L'ELEVAGE

COLLOQUE EUROPEEN SUR L'ELEVAGE

Posté le 11.08.2007 par philippepoppe

Le Jumping de Bordeaux et le Conseil Régional des Equidés ont organisé, pendant la Coupe du Monde, une rencontre internationale rassemblant les représentants de la Pologne, de l’Espagne, de l’Italie, des Pays Bas, du SBS Belge, de l’Irlande et de la SUISSE. Seule l’Allemagne était représentée par des intervenant français qui ne la connaissaient qu’à travers des souvenirs vieux de 10 ans, ou un voyage organisé ! Cependant l’idée était originale et les débats, très bien organisés par Renaud RAHARD, furent de grande qualité. Les spectateurs ne s’y étaient pas trompés : la salle était comble et tous les acteurs de la filière étaient représentés par leurs dirigeants.

Poulains de 0 à 3 ans : tout le monde est d’accord

La première session s’attaqua au poulain de 0 à 3 ans et elle fut assez consensuelle . Les éleveurs sont à peu près partout également répartis entre les villes et les campagnes, la Hollande se singularisant par la possibilité offerte aux citadins de placer leurs poulains à moindre coût (1000 euros par an) dans des fermes d’élevage de bovins .
Un très bon foal se vend partout entre 10 et 15000 euros, mais la Hollande, qui fait naître chaque année15000 chevaux de sport, organise une quinzaine de ventes privées par an pour vendre les 500 meilleurs foals. Dans ce pays, le marché du cheval de dressage prend de plus en plus d’importance ainsi que le marché du cheval de hunter, avec en première destination les Etats Unis. Le look, les allures, la facilité d’emploi, et les radios parfaites, effectuées dès l’âge de 18 mois pour dépister les problèmes d’OCD et d’os naviculaire; constituent des critères indispensables qui président également à la sélection des futurs reproducteurs.
Les étalons sont presque partout approuvés entre deux ans et demi ou trois ans, avec ou sans testage ; et cette approbation ne devient définitive qu’après performances sous la selle, accompagnée parfois d’un contrôle de la production. La tendance qui semblerait se dessiner , pour le futur, au niveau de la fédération mondiale des éleveurs de chevaux de sport, consisterait en une approbation plus aisée avec une information plus importante sur les résultats des étalons .(C’est à ce titre que le Holstein vient de rendre facultatif le testage pour ses étalons ).
Chacun s’accorde également sur la nécessité de manipuler les poulains dès les quatre premiers mois, de pré-débourrer les étalons et les chevaux délicats à deux ans, et de présenter les jeunes à tous les concours d’élevage ; permettant ainsi un gain précieux de confiance et de temps lors de la mise au travail.

Cycles classiques : épreuves beaucoup mieux dotées en France

La deuxième session concernait la valorisation des chevaux de 4 à 7 ans, qui ne différait que par l’absence de championnat en Allemagne pour les 4 ans, bien que la plupart des chevaux y effectuent déjà quelques compétitions à cet âge. Le souci de ménager les efforts est présent dans tous les élevages ainsi que la prise en compte du style et de la facilité d’emploi , même si ce critère revêt des formes différentes selon les pays. Guère de différence non plus dans la conception et la hauteur des parcours si ce n’est des barres de 3 mt à Warendorf avec des distances plus courtes (4 à 5 foulées ) entre les obstacles .
La seule vraie différence réside dans les subventions de l’état et dans les gains en compétitions qui sont largement supérieurs en France , la balance gains / engagements étant toujours déficitaire dans les autres pays. Le champion des 5 ans touche 700 euros en Allemagne, (mais il peut se vendre 500000 euros ! ). En Suisse le sans-faute rapporte 18 euros à 4 ans et 32 euros à 6ans. En France Marc DAMIANS se félicite de l’augmentation des primes qui ont permis de faire revenir les meilleurs cavaliers dans le circuit des 4 ans (75 euros le sans- faute).

Commercialisation : les grands crus se vendent mieux que les vins de table

La troisième session concernait la commercialisation et elle fut le théâtre d’échanges passionnants et passionnés . Avec Christian PAILLOT, Jan TOPS, Hubert BOURDY, Hervé GODIGNON, Julien EPAILLARD et les plus hauts représentants des haras nationaux, du ministère de l’agriculture, de la SHF, de l’ANSF ; le débat fut de grande qualité.
Etablissant un parallèle avec les producteurs de vin, H. BOURDY insista d’emblée sur le besoin de produire des chevaux de grand cru, qui seuls justifient un investissement en travail et permettent la réalisation d’une plus value. Les chevaux de moindre qualité ( vin de table), doivent être vendus au plus tôt, même au prix les plus bas( 3000 euros), avant de commencer à faire perdre encore plus d’argent avec une mise à l’entraînement. La présence d’un pôle régional d’expertise et de valorisation lui semble désormais indispensable pour orienter les éleveurs dans leurs croisements et dans la sélection précoce de leurs produits. Les coûts d’exploitation sont presque identiques en Allemagne et en Hollande mais les cavaliers y sont davantage récompensés par un pourcentage sur des plus values plus importantes, ou par une prise de part dans la propriété du cheval, en échange d’une diminution de la pension.
Jan TOPS va dans la même direction en insistant sur une réflexion beaucoup plus approfondie au moment du choix des reproducteurs, à commencer par les étalons, très nombreux et pas assez connus, notamment dans les caractères majeurs qu’ils transmettent. Le cœur de cible du marché mondial est un beau cheval, facile d’emploi, équilibré, capable de sauter 1.30 - 1.40mt avec un bon amateur. Les SF ne sont pas, selon lui, sélectionnés assez tôt sur les critères de santé, ( OCD, problème naviculaire) , dont un premier bilan devrait intervenir dès l’âge de 2 ans et demi. Par ailleurs, la locomotion au galop est très importante et il faut éviter les chevaux trop ouverts dans leur galop car ils sont difficiles à rassembler.
Tous s’accordent à revaloriser le rôle du cavalier comme premier expert du travail de l’éleveur et comme agent principal de réalisation d’une plus value sur la vente du cheval. Ch PAILLOT propose une formation des cavaliers de jeunes chevaux à l’ENE , « actuellement sous-utilisée », avec diplôme à la clef.
Le rôle, l’action, et même l’utilité de l’ANSF, furent vigoureusement remis en cause par la FFE et l’ACSOF en la personne de leurs vice- président et président. Les deux principaux utilisateurs de chevaux en France affirment que le SF, issu d’un mélange de types très diversifiés, n’est pas une race, et qu’il conviendrait d’y substituer la notion de région d’élevage. A leur sens beaucoup trop d’argent est dépensé pour le marketing d’un produit qui n’est pas assez compétitif au lieu de servir à améliorer la qualité de la production et la compétence des éleveurs. A l’exception de Francis HOUDRE, personne n’est venu contredire ces affirmations .

En conclusion

Ce colloque devait permettre de repérer chez nos voisins des méthodes nouvelles de valorisation et de commercialisation qui permettraient au SF de ne plus être vendus à perte dans leur immense majorité. Or il s’est avéré que la valorisation se déroulait selon des processus et des coûts à peu près identiques dans les principaux pays d’Europe, avec des subventions beaucoup plus importantes en France pour l’élevage et les gains en compétition . Le problème est donc ailleurs , dans la qualité de la production, unanimement remise en cause par les utilisateurs français et étrangers avertis (nord américains qui se fournissent presque exclusivement en Hollande et en Allemagne). Le folklore commercial qui entoure cette moindre qualité ne constitue pas l’élément principal du débat, même si H. BOURDY souligne que la France constitue pour Paul SCHOCKEMÖHLE, l’un des plus gros acheteurs de chevaux de la planète, « un pays du tiers-monde » dans lequel il refuse de perdre son temps pour un commerce impossible ! Ce folklore existait déjà, il a quelques décennies, en Irlande , ce qui n’a jamais empêché le commerce des meilleurs chevaux du monde de s’y réaliser dès lors que leur qualité était indiscutable.
Si l’ANSF devait servir à quelque chose ce serait bien en premier lieu à faire prendre conscience aux éleveurs de la qualité réelle de leurs produits et des moyens de l’améliorer. Il faudra bien un jour envisager un encadrement plus professionnel de la filière constituée essentiellement d’amateurs ( 1.7 poulinières en moyenne par élevage) qui élèvent à perte, mais pour leur plaisir, du moins pour l’instant…Il conviendra également de regarder avec moins de condescendance le travail des cavaliers car la plus value de la production des éleveurs dépendra de plus en plus des résultats en compétition et la facilité d’utilisation du cheval sous la selle.
Pour l’heure , Francis HOUDRE considère que « les éleveurs font bien leur travail » et que « notre génétique SF est l’une des génétiques dominantes en Europe ». Le mot « cavalier » ne figure ni dans son programme ni dans le programme d’Y. CHAUVIN…

On peut toujours essayer de tomber plus bas pour mieux rebondir, mais c’est plus difficile !

Philippe POPPE














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