Entre une façade maritime très fréquentée et une mégalopole nantaise qui ne cesse de croître, la Vendée est un département prospère qui connaît un développement sans précédent : Seul l’élevage traînait un peu les pieds depuis quelques années avec la disparition des étalons vedettes : Le Prince de Thurin, Double Espoir, Hurlevent, Invincible, Popof, Bois Rouaud, un corps de cavaliers professionnels très insuffisant ( pas de PRO 1 , très peu de PRO 2), des compétitions et des ventes de faible niveau sur des installations obsolètes désertées par le haut de gamme.
3eme département français pour l’élevage de chevaux de sport
La passion d’élever est pourtant restée intacte chez les 200 éleveurs vendéens encore désireux de produire du SF et de faire fructifier un capital génétique bâti sur 330 poulinières et plusieurs décennies, qui place encore la Vendée au 3eme rang des départements Français d’élevage de chevaux de sport , derrière la Manche et le Calvados. La présentation sous la pluie d’un lot hétéroclite d’étalons HN et privés, a quand même attiré le week- end dernier un millier de spectateurs avec un repas de plus de 300 personnes. La réunion de l’ACSVEN, dernière appellation de l’élevage vendéen, sur un projet peut être prématuré de labellisation , n’a cependant pas rassemblé plus de 50 personnes. Elle a néanmoins eu plus de succès que l’élection des représentants ANSF de Vendée et de Loire Atlantique, sans possibilité de vote par correspondance ou par procuration, qui n’a recueilli que 38 bulletins de vote. Ces faibles participations témoignent dans les deux cas de la désaffection des adhérents pour des actions collectives sans moyens suffisants.
Le Conseil général prend les rênes
Conscient du problème, du patrimoine génétique de l’élevage Vendéen, et de la motivation des éleveurs, le Conseil Général a décidé de se porter acquéreur des bâtiments du Haras National, en perte de vitesse depuis plusieurs années, et d’y nommer un directeur : JCH DUPUY, pour fédérer toutes les énergies dans une infrastructure unique, polyvalente et fonctionnelle. Cette structure qui intègre les HN et leur activité traditionnelle en réduisant leur espace antérieur de deux tiers , sera consacrée au sport , à l’élevage et à la formation aux métiers de l’équitation avec ouverture permanente au public pour y présenter un tableau vivant permanent de l’activité équestre. 40000 visiteurs ont déjà été enregistrés depuis l’été 2006.
Nouvelle carrière, manège olympique avec vaste tribune, refonte complète des locaux sont programmés jusqu’en 2010.Dans le même temps, avec l’aide de la Région et des fonds « Eperon », le site voisin de l’hippodrome des Terres Noires sera revu à la hausse avec la réfection complète du terrain principal, la construction d’une plate-forme permettant d’accueillir 100 boxes en dur , 100 boxes démontables et de garer les camions. Par la suite deux nouveaux sites au Nord et au Sud du département seront installés pour l’organisation des compétitions du week- end et pour le tourisme équestre.
Cet effort indispensable sur des équipements qui constituaient le maillon faible de la filière, est accompagné depuis plusieurs années par une aide directe aux propriétaires de chevaux performants sans égale en France et à l’étranger . Le Conseil Général de Vendée accorde en effet une prime de 1500 euros à chaque propriétaire vendéen d’un cheval ou d’un poney né en Vendée, participant au Championnat de France des jeunes chevaux du cycle classique, 500 euros pour les finalistes du cycle libre et 300 euros à chaque foal qualifié pour le championnat de France . Au total 44680 euros auront récompensé les propriétaires des meilleurs chevaux de sport vendéens en 2006 .
Enfin pour couronner cet effort global un CSI ** sera organisé à La Roche /Yon en 2008 par la toute nouvelle « association des amis du haras »
Un professionalisme « aux abonnés absents »
Sans aucun doute cet engagement, comparable à celui de la Normandie pour la filière équestre, portera rapidement ses fruits. Il devrait stimuler un corps d’éleveurs passionnés mais qui ne voyage pas assez, ne dispose plus localement d’étalons de qualité suffisante, connaît mal les étalons étrangers qu’il choisit, et sous estime les nouvelles tendances du marché.
Plus de la moitié des primes de Fontainebleau a été distribuée pour des lauréats du cycle libre , qui se vendent légèrement au- dessus du prix coûtant par des cavaliers éleveurs qui n’osent pas investir dans le travail chez un professionnel de crainte de ne pas pouvoir couvrir les frais avec la vente du cheval. Un quart des chevaux produits en Vendée se retrouve à Fontainebleau avec une plus value par le travail qui permet d’espérer les vendre à un prix supérieur ou égal au coût de production. On peine à imaginer que les trois quarts restants, sans travail ou sans performance ne soient pas vendus à perte.
L’heure n’est donc plus à la croyance en une éternelle subvention compensant la production à perte d’un cheval inadapté au marché ; encore moins à la débauche de superlatifs quant aux résultats actuels. Elle est à une réflexion profonde et éclairée sur le type du cheval à produire pour demain , à une connaissance parfaite des étalons et des croisements qui permettront cette production, à une expertise des produits avant leur coûteuse et indispensable mise au travail et à un regroupement de toutes les énergies pour animer un pôle de valorisation et de vente.
Le Conseil général est conscient des enjeux et il met en place les indispensables structures qui faisaient défaut jusqu’ici. Aux éleveurs maintenant de relever le challenge et d’entourer leur passion avec davantage de professionnalisme s’ils veulent survivre à la bataille impitoyable des terroirs d’élevage qui s’annonce demain en France comme en Europe dans un contexte généralisé de surproduction.
Philippe POPPE
oui heureux ,car pour noel je viens de découvrire votre site ,je suis aussi un berger de chevaux,en vendée,je connais asseZ bien le cso dans le departement,j'ai beaucouP de qestionS,donT il faut etre nombreux pour y réflérir comment faire?