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philippepoppe
Description du blog :
Equitation- Elevage de chevaux de sport Institutions
Catégorie :
Blog Sports
Date de création :
25.07.2007
Dernière mise à jour :
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LE MARCHE DU CHEVAL FRANCAIS AUX USA

LE MARCHE DU CHEVAL FRANCAIS AUX USA

Posté le 13.08.2007 par philippepoppe


Peuple cavalier , les Etats Unis comptent 9.2 millions d’équidés sur leur territoire, tous usages confondus. L’élevage de chevaux de sport y est peu développé en raison d’une culture qui préfère payer plus cher un produit fini, prêt à l’emploi, que d’attendre de longues années pour faire naître, élever, et entraîner un produit de qualité non maîtrisée.
D’après les statistiques du département de l’agriculture des USA, 39000 chevaux y sont importés chaque année dont 6 à 8000 chevaux de sport au départ de l’Europe de l’Ouest via essentiellement la compagnie hollandaise KLM.
Dans cet effectif, les chevaux Allemands et Hollandais constituent 75% des mouvements et le Selle Français ne représente pas plus de 3%. Hors la demande américaine équivaut pratiquement au nombre de naissances annuel des Selle Français et elle constitue le premier débouché extérieur potentiel pour une race en surproduction dans son marché hexagonal.

Comment expliquer cette absence sur un tel marché ?

Jean FOURCART, spécialiste du marché américain à l’agence FENCES, évoque d’abord une méconnaissance du marché américain en France. La moitié des chevaux importés d’Europe de l’Ouest est destinée à la discipline du hunter . Or cette discipline est peu pratiquée en France et ses règles y sont différentes des règles en vigueur aux USA. De ce fait, le type de chevaux, les compétitions, et les modes d’entraînement, ne correspondent pas forcément à ceux en vigueur outre-atlantique.

Au niveau du produit, le cheval de hunter destiné aux épreuves « style du cheval » est, depuis son origine, un cheval de dame qui saute en toute sécurité de petits obstacles naturels au galop dans le cadre d’une promenade à l’extérieur.
Cette définition débouche aujourd’hui sur un beau cheval , dressé , changeant naturellement de pied et équilibré au galop, confortable , facile d’emploi, avec une bonne bouche , styliste et respectueux à l’obstacle, évoluant presque sans contact ou intervention de la main du cavalier.
Il suffit de penser quelques secondes aux caractéristiques de nos chefs de race SF ( Quidam, Papillon, Double Espoir, Galoubet ), ou à celles d’ étalons qui saillissent beaucoup en ce moment ( Flipper d’Elle) pour constater le chemin qui reste à faire au niveau de notre production pour séduire le marché américain dans la discipline du hunter ; même si ces chevaux ont produit par ailleurs d’excellents performers en CSO.

Le cheval hunter destiné aux épreuves « equitation » obéit à d’autres critères car il sanctionne exclusivement l’action du cavalier . Ce cheval se trouve plus facilement en France dans la catégorie des grands chevaux avec une cadence unique et imperturbable, même dans les épreuves de vitesse. Respectueux et bien dressés , changeant de pied facilement ils doivent avoir une bonne bouche pour permettre une action la plus discrète possible de leur cavalier.
Jean FOURCART avoue son intérêt pour des fils de NARCOS avec des mères très près du sang , combinant la placidité et la force dans les jarrets du père avec l’équilibre et la réactivité du pur- sang . NARCOS apporte en plus une solidité physique très appréciée pour une utilisation des chevaux plus intensive qu’en France : parfois 6 à 7 parcours hunter par jour avec beaucoup de sauts à l’entraînement, le tout sur des terrains de moindre qualité.

Outre le marché du hunter , le marché des chevaux de CSO et du dressage occupent l’autre moitié des importations en provenance d’Europe de l’Ouest .

L’ensemble des importations obéit aux mêmes règles sanitaires et économiques . Les coûts de production sont à peu près identiques dans les principaux pays producteurs de l’Europe de l’Ouest ainsi que les prix payés aux éleveurs . Pour un cheval de hunter , l’éleveur français peut espérer entre 10 et 20000 euros de la part d’un courtier spécialisé qui prend ensuite tous les frais à sa charge sous réserve de satisfaction aux tests et à la visite vétérinaire. Certains sujets, particulièrement doués, peuvent , bien entendu , atteindre des niveaux plus élevés.

Si les tests sanitaires sont réalisés sans contestation possible à l’arrivée aux douanes US, il est recommandé de les soumettre au préalable au laboratoire allemand BÖSE, seul accrédité par les services sanitaires américains, afin d’éviter un coûteux retour à la case départ en cas de problème. Les maladies dépistées sont la dorine et la morve , rarissimes ou inexistantes en France; l’anémie infectieuse ( test de COGGINS) ; et la piroplasmose , maladie très courante surtout au Sud de la Loire ( Vendée, Charente-Poitou). La piroplasmose se manifeste sous deux formes dont l’une , de souche « Babesia Equi », est traitable au carbésia ; mais dont la seconde, de souche «Babesia Caballi », n’est pas traitable ; et interdit l’entrée sur le territoire des Etats Unis. Le coût des 4 tests est d’environ 200 euros.

La visite d’achat demande 40 clichés pour l’ensemble des articulations à l’exception du dos, et une échographie des ligaments suspenseurs du boulet . Les contraintes sanitaires se terminent à l’arrivée en douane US avec une mise en quarantaine dont la durée et le coût dépendront essentiellement du sexe du cheval : 1500 euros et quarante huit heures en moyenne pour un hongre ; 7 à 12000 euros et 3 à 6 semaines pour une jument ; plusieurs mois et jusqu’à 15000 euros pour un étalon , ce qui explique la castration quasi systématique avant le départ d’Europe.

Le prix du voyage : 5500 euros, s’ajoute à tous ces frais et aux commissions prises presque systématiquement par chaque intermédiaire, (notamment le binôme marchand autochtone, entraîneur, quasi incontournable). Le total peut passer ainsi de 40000 euros au départ de la France à 500000 dollars pour des chevaux champions hunter aux Etats – Unis sur des hauteurs qui n’excèdent pas 1.25 mt!

Ces chiffres importants ne doivent pas inciter les éleveurs à pratiquer des « prix d’américains ». Ces derniers disposent sur le net des prix exacts du marché français et ils connaissent également les marges et les tarifs de chacun des intermédiaires. Souriants et courtois ils refuseront toute tentative de dépassement des prix du marché et surtout ils ne reviendront jamais auprès d’un interlocuteur qui essaierait en une transaction de compenser tous les déboires de son élevage depuis sa création.

Faute de pouvoir calquer toutes les compétitions françaises de hunter sur le modèle américain il serait intéressant que la SHF s’ attache à organiser des épreuves de jeunes chevaux reproduisant exactement les épreuves « style du cheval » qui se déroulent aux Etats-Unis.
Outre Jean FOURCART, plusieurs cavalières américaines stationnées en France : Katie MONAHAN PRUDENT, Julie ULRICH, Cynthia HANTKINS, Alice DEBANY CLERO, pourraient être sollicitées pour encadrer la mise en place du circuit et la formation des intervenants : juges, cavaliers et chefs de piste.
L’ANSF pourrait également communiquer sur la définition de chevaux adaptés à cette discipline et sur des conseils de croisements qu’autorise la diversité extrême de nos souches.

C’est dans cette optique que le sang français de Cor de la Bryère a été introduit en Allemagne pour apporter à des juments autochtones une meilleure bouche, une facilité d’emploi , un équilibre au galop , une meilleure technique à l’obstacle et un respect inné de la barre. Ces exigences concernent non seulement le marché du hunter aux Etats-Unis, mais aussi plus de 80% des cavaliers du monde entier qui ne sautent pas plus d’1.25 mt.

Philippe POPPE

Reproduction même partielle soumise à autorisation de l'auteur



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question
Posté par malet francine le 25.11.2007
Bonjour et félicitations pour vos articles que je trouve très intéresssants.
J'ai actuellement 2 juments de 3 et 4 ans: je voudrais indicer la 4 ans (afin d'en faire une poulinière plus intéressante à terme) et je l'ai faite monter par un cavalier professionnel en cycle classique: elle a fait peu de concours mais a réussi 4 sans fautes...
pour l'année de ses 5 ans, je suis indécise: est-il si rentable de la sortir sachant que ça nous a couté 3000 euros et le hunter est-il une ouverture possible sachant qu'elle a été repéré par un responsable régional qui voulait la qualifier pour les championnats de FRANCE? c'est une fille d'ELAN DE LA COUR et par sa mère c'est la souche Apache d'adriers. Elle est calme, équilibrée dans ses allures, franche à l'obstacle et a horreur de toucher...elle manque peut-être un peu de sang mais compense par la force (elle toise 1m70).que me conseilleriez-vous pour la mettre le plus en valeur?
MERCI DE VOTRE REPONSE


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