Il y a actuellement surproduction de chevaux dans tous les grands pays d’élevage et la plupart des éleveurs amateurs commencent à perdre beaucoup d'argent dans l' exercice de leur passion. Faute de pouvoir agir immédiatement sur le prix de vente, il importe de s’attaquer aux coûts de production et en premier lieu aux coûts exorbitants de l’alimentation proposée par les industriels.
On peut dépenser moins en nourrissant aussi bien. Il suffit pour cela de redécouvrir les vertus de l’herbe et du foin qui, depuis la nuit des temps, permettent au cheval de satisfaire l’essentiel de ses besoins .
Quand on aime on ne compte pas ?
Dans l’univers parfois irrationnel du cheval il n’est pas d’usage de faire des économies sur l’alimentation. Une sorte d’inconscient collectif établit un lien indéfectible entre l’argent dépensé pour la nourriture , l’amour porté à l’animal et les performances que l’on attend de lui.
Céréales floconnées, graines de soja extrudées, caroube venant d’Afrique, mannan – oligo - saccharides, hyper-vitamination ; tout concourt à ce que le noble animal ne manque de rien, et surtout pas des coûteux superflus vraisemblablement utiles aux seuls futurs champions olympiques. Mais combien sont-ils et sommes-nous surs de leurs besoins ? Quelques années auparavant, nourrir son cheval sans passiflore semblait inconcevable. Quid de ce précieux composant, aujourd'hui, dans l'alimentation des vainqueurs du sport équestre ?
Commencer par une bonne herbe
Le cheval est et restera un mangeur d’herbe, au grand dam des marchands de granulés qui ne tirent que peu de profit de cette matière première relativement bon marché dans les terroirs d’élevage.
1 Ha de bonne herbe ( 100 E de location annuelle) de Mars- Avril à Juin–Juillet), ou 5-6 kg de bon foin ( 100 à 150 E la tonne livrée) en Juillet - Août et en hiver, suffisent pratiquement à assurer l’entretien d’un cheval qui a terminé le gros de sa croissance, s’il ne fait pas d’efforts longs ou intensifs. Il suffit juste d’y rajouter un peu de zinc ( 84 mg / jour d’oxyde ) et de cuivre ( 412 mg / jour de sulfate ) qui représentent au plus 1 euro par mois et par cheval chez la plupart des pharmaciens.
Les compléments nécessaires pour la croissance et l’effort
Le dernier mois de gestation, l’allaitement, la croissance rapide jusqu’à deux ans, les efforts longs du cheval de club ou intensifs du cheval de concours demandent bien sur une nourriture complémentaire.
Le complément minéral, (100 g / jour), est recommandé pour assurer l’apport de calcium, de phosphore, de vitamines et d’ oligo-éléments. Le complément minéral bovin, ( 12 E le sac de 25 kg), peut convenir, à condition d’y trouver deux à trois fois plus de calcium que de phosphore. Il est beaucoup moins coûteux que son homologue étiqueté cheval .
Le tourteau de soja (19.25 E les 50 kg) , apporte des protéines pour la croissance musculaire ( 400 g / jour pour les poulinières en pleine lactation), et la remise ou le maintien en état ( 100 g / jour pour les chevaux maigres ou âgés )
La luzerne déshydratée (10.44 E les 50 kg), satisfait les besoins supplémentaires en azote et en calcium pour des poulinières suitées et des poulains à forte croissance . 500 g / jour de 0 mois à deux ans suffisent.
Les céréales (7.50 E les 50 kg), sous forme d’orge ou de mélange orge - avoine aplati (ou trempé la nuit précédente), alimentent le travail et l’état général ( graisse + muscles), à raison de 3 kg maximum par jour plus 1kg par heure de travail.
Avec l’herbe de printemps, le soja et la luzerne doivent être supprimés . La ration de céréales et le complément minéral peuvent se réduire de moitié.
Observation et changements très progressifs
Rien ne remplace l’œil du soigneur. Il doit moduler les composants de l’alimentation de manière à éviter la surcharge pondérale, surtout chez les jeunes poulains, la perte d’état, et le changement brutal de nourriture, notamment pour les poulinières après la mise bas. Ce principe de « conduite à vue » s’applique surtout quand les chevaux sont en pâture car la valeur nutritive de l’herbe varie énormément de Mars à Novembre.
Parole aux anciens
Au siècle dernier, les régiments de cavalerie, qui géraient plusieurs centaines de chevaux, travaillaient, pour un cheval de 500kg, sur une ration de base comportant 4 kg de paille ( en sus de la paille de litière), 4kg de foin, 4kgs de céréales. Cette ration, sans complément minéral, et sans pâturage, permettait une heure de travail quotidien pour des chevaux ayant terminé leur croissance. Elle reviendrait aujourd’hui avec la paille de litière ( 6 kg / jour) à 2 E par jour et par cheval
Le Pr WOLTER, un des plus grands spécialistes au monde dans l’alimentation du cheval, confiait, au terme de ses travaux, qu’il était possible de nourrir sans grand risque ce même type de cheval avec 5kg de foin, 3kg d’orge, et 100 g de complément minéral « du commerce », soit un coût journalier par cheval hors pâturage de 1.82 E.
Pour les mêmes chevaux, fournissant le même travail, l’alimentation industrielle propose 4kgs de granulés à 13 E les 25 kg auxquels il faut ajouter la même quantité de foin et de paille, soit un coût journalier par cheval de 3.40 E.
L’alimentation traditionnelle permet donc de réaliser une économie par mois et par cheval de 48 E et elle coûte presque deux fois moins cher que l’aliment industriel pour satisfaire les mêmes besoins. Cette économie doit permettre de se recentrer sur une bonne qualité de foin et d’herbage qui constitue le premier atout pour une bonne nutrition et aussi un bon mental du cheval.
Bonjour,Où trouvez-vous les compléments minéraux bovins, quelle marque utilisez-vous? Est-ce disponible sur internet?
Cordialement,
Laetitia Bretéché.
très juste, cela fait 30 ans que je nourris de cette façon, sans problême osseux . DPFarticle passionnant qui répond à mes questions sauf une: ou trouver le complément minéral basique pour une jument de 12 ans qui est au pré printemps été avec foin et orge au boxe? et quel complémenent parmi la jungle des marques? merci beaucoup.véroniquemerci pour votre réponse. concernant le mineral bovin, en consultant les fiches techniques, on y voit souvent noté que ça ne convient pas aux chevaux...je pose donc la même question de Latetia Brétéché: ou trouveR les bons produits?